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Je suis heureux ce matin d'avoir lu un papier sur lequel je me retrouve concernant le Modem. Il est intitulé : Sortir des sentiers battus : une vocation et une exigence pour le Modem.
Je trouve très juste cette réflexion "c’est notre opposition qui doit se déduire de nos propositions, et non le contraire". Reste à bâtir ce chantier des propositions qui doit s'appuyer sur la situation de la société française et sur les attentes réelles des Français.
Mercredi soir à la Mutualité, François Bayrou n'a pas mâché ses mots pour dénoncer "les coups sondagiers" destinés à "organiser un mouvement des électeurs". Et le quotidien La Croix de relever ses autres propos :
"Si le résultat des urnes est ce ce que je crois, si c'est nous qui avons la confiance des Français et pas d'autres (...) je vous donne rendez-vous la semaine prochaine avec des faits, des noms, des dates, pour qu'on sache comment ça marche en France, la manipulation de l'opinion", a-t-il accusé.
"Il y a des gens qui possèdent des instituts de sondage, il y a des gens qui gouvernent les instituts de sondage par les marchés qu'ils leur donnent",
Aujourd'hui à France-Inter il a précisé l'accusation : "S'il y a au pouvoir ou proches du pouvoir des gens qui sont les organisateurs de tout cela, alors il va falloir qu'on regarde de près et que la démocratie se défende".Suite à ces propos, j'ai cherché sur le web, ce qu'on disait de ce fameux institut de sondage Opinion Way. Et j'ai trouvé deux articles intéressants.
Opinion way, un institut de sondage qui fabrique de l'opinion.par Libertés internet.
Et un article de Marianne du 5 decembre 2007 Opinion Way devient opinion War !
Troublant non ?
Jean-Pierre Rioux, historien et spécialiste de la France contemporaine a situé, le 24 mai dernier au Zénith, les enjeux politiques de l'émergence du Mouvement Démocrate.
(...)
"Le vrai enjeu de ce mouvement, c’est le pluralisme. C’est que les citoyens aient des voix différentes pour parler en leur nom.
Ce n’est pas un mouvement pour la confiscation du pouvoir. C’est un mouvement pour construire un nouveau monde, une démocratie nouvelle. C’est un mouvement tout entier tourné vers la responsabilité du citoyen, vers la responsabilité active du citoyen actif.
Le citoyen n’est pas un consommateur. C’est un producteur, d’idées, de convictions, d’engagement, de solidarité.
C’est pourquoi j’ai annoncé que nous prendrions les semaines nécessaires pour écrire ensemble, non pas seulement pour écrire, mais pour penser, pour inventer, les statuts, les règles de fonctionnement de ce mouvement nouveau.
Je voudrais en quelques mots tracer devant vous les principes qui me paraissent devoir être ceux de notre mouvement démocrate.
Premier principe : Le Mouvement démocrate est un mouvement de citoyens actifs. On n’y adhère pas pour seulement pour soutenir, pour être des supporters, mais pour participer à la mesure de ses forces et de sa disponibilité, pour construire des idées, un programme, des équipes.
Le second principe est un principe éthique. Je souhaite que nous écrivions une charte éthique qui nous engage. Ce qui m’a frappé dans les récents changements de camp aussi bien dans les rangs socialistes que dans les nôtres, ce ne sont pas les destins individuels, c’est la tristesse des citoyens qui avaient fait confiance à leurs responsables, devenus leurs amis, devenus une partie de leur famille. Les Français ont le sentiment que les politiques ne respectent pas les règles élémentaires de comportement que chacun des citoyens se voit imposer dans sa vie.
Pour bien des responsables politiques, l’engagement, c’est une carrière. Pour les citoyens, pour les militants engagés ou de cœur, c’est de la vie donnée, gratuitement, donnée à sa cité comme on la donne à ses enfants. Cela mérite d’être respecté. C’est pourquoi je veux une charte éthique à l’intérieur de notre mouvement démocrate qui indiquera quelle est la nature de l’engagement de l’adhérent, du responsable, du candidat et de l’élu du mouvement par rapport à ceux qui lui ont fait confiance.
Troisième principe : nous donnerons un sens plein et entier à l’idée de démocratie.
La démocratie, cela ne peut pas être seulement l’attribution du pouvoir par le vote. La démocratie, c’est aussi la responsabilité des citoyens entre les votes.
Pour que le citoyen soit responsable, il faut qu’il soit associé et informé, qu’on lui laisse le temps de réfléchir, qu’on lui donne les moyens de peser sur la décision que l’on prend en son nom. Je fais une grande différence entre « information », « réflexion » et « communication ». Car il y a des politiques de communication qui ont pour seul objet, en fait, d’empêcher l’information et la réflexion, de détourner l’attention de l’essentiel vers l’accessoire.
Et cela, ce sont les institutions qui le garantissent. Voilà pourquoi le mouvement démocrate défendra les principes d’ une réforme profonde de nos institutions républicaines, dont les piliers seront la séparation des pouvoirs, à l’intérieur du pouvoir politique, et aussi entre le pouvoir politique, le pouvoir économique et le pouvoir médiatique. Nous défendrons le respect du pluralisme et la qualité de l’information et du débat public. Nous défendrons donc une loi électorale juste, celle qui existe partout en Europe, du Nord au Sud et d’Est en Ouest, et qui garantit à toutes les grandes sensibilités démocratiques leur droit à l’expression et à la représentation.
Quatrième principe : L’action du Mouvement démocrate sera fondée sur la vérité, en matière économique, comme en matière sociale. Pour moi, dans un projet de société, notamment dans le monde de l’économie et du social, il n’y a d’idéal que dans le réel. L’idéal ne doit pas être du domaine du virtuel, ce n’est pas une idéologie, il doit s’incarner et s’enraciner. C’est pourquoi nous associerons à notre action des chercheurs, des universitaires, des économistes, des sociologues avec qui nous confronterons, à intervalles réguliers, nos intuitions et nos réflexions.
Cinquième principe : il faut penser l’avenir. J’ai été frappé, vivant cette campagne présidentielle de l’intérieur, de l’absence des intellectuels. Excepté sur le registre de la transgression, lorsqu’ils changeaient de bord, et particulièrement sur le registre de la transgression nationaliste, dont on verra qu’elle est sans avenir. Nous avons besoin de retrouver l’enracinement intellectuel de l’action politique.
J’ai employé à dessein l’expression « enracinement intellectuel », car le monde intellectuel s’appauvrit quand il se sépare de la réalité sociale. C’est pourquoi le Modem se fixe pour objectif de faire partager la réflexion sur l’avenir à l’ensemble du champ social, universitaires et intellectuels, créateurs et interprètes dans le monde de la culture, artistes et savants, ouvriers, techniciens, salariés, agriculteurs, étudiants, artisans et entrepreneurs, retraités ou passagers sans bagage dans notre société. Pour cela, il est vrai qu’Internet est un formidable outil auquel nous voulons réfléchir et par lequel nous voulons travailler.
Sixième principe : Le principe du Mouvement démocrate est le rassemblement. Le Modem affirme que chaque fois que quelque chose d’essentiel est en jeu pour la nation, il est prêt à travailler avec toutes les forces démocratiques du pays. Et chaque fois que l’on abordera l’action de proximité, la démocratie locale, il est prêt à faire naître de larges rassemblements. Dans le champ de la démocratie, nous n’avons pas d’ennemis. Nous considérons que l’affrontement entre la droite et la gauche, cette grille de lecture du siècle passé, ne permet plus de résoudre les problèmes de notre temps. Nous sommes particulièrement heureux de trouver dans nos rangs des femmes et des hommes qui viennent de camps différents et de parcours politique différents. Pour nous, c’est un enrichissement.
Septième principe : le but principal du Mouvement démocrate sera la naissance et la promotion d’une génération politique nouvelle. La vie a fait que nous avons été en grande partie, privés de notables. Il faut faire de cet accident une force. L’accueil, la détection, le repérage, la formation, l’entraînement de cette génération politique nouvelle est un magnifique défi, que nous sommes les seuls, par la force des choses, les seuls désormais à pouvoir relever.
Je
veux vous dire ma conviction : ce mouvement nouveau, ce mouvement
démocrate, il est tout neuf et il a des atouts sans précédent. Des
millions de Français l’attendent. Ils ont envie d’un mouvement positif,
qui change les visages et les pratiques, qui ne soit pas sectaire, mais
qui propose. Ce mouvement est le seul, dans la législature qui vient,
qui pourra les défendre, avec courage et avec liberté." (Extrait du discours de François Bayrou au Zénith le 24/05/2007).
Les photos de la soirée.
Morceaux choisis du discours de François
Bayrou le 10 mai 2007 au Conseil national de l'UDF pour la création du
Mouvement démocrate
Je voudrais que nous mesurions ensemble ce que signifie la capacité de résistance
de temps et temps de millions de citoyens décidés à imposer leur
jugement contre tous les experts, toutes les puissances, tous les
analystes et un très grand nombre de médias. (...)
Et les Français attendent qu'on leur propose une synthèse politique qui soit une synthèse démocratique et sociale, démocratique, efficace en économie et sociale qui soit, au fond, un projet qui incarne ou qui
permette de rassembler les valeurs et les attentes différentes qui sont les leurs. (...)
...dans la vie, quand c'est l'essentiel qui est en jeu et que l'on subit des
pressions,
au fond, la question est très simple, vous n'avez le choix qu'entre
deux attitudes, vous n'avez le choix qu'entre céder ou résister et ma
conviction profonde est que c'est plus facile de céder, mais c'est sans
avenir et il est plus juste, plus loyal, plus promoteur, plus important de résister et de montrer ainsi de quel bois l'on est fait, de quel métal, de quelle structure, de quelle charpente l'on est fait (...)
Je dis avec certitude que, si la question est entre céder et résister, ma réponse c'est : nous avons le devoir de résister.
J'ai résisté hier, je résisterai aujourd'hui, je résisterai demain, parce que c'est de résistance que la France a besoin. (...)
La politique française, la démocratie française et la France tout court ont besoin, j'en ai la conviction, d'un mouvement politique qui soit le mouvement politique de la liberté, la liberté de vote, la liberté de conscience, la liberté de jugement, la liberté d'engagement. (...)
Et j'ai la conviction profonde que, dans la période dans laquelle nous sommes entrés, il
faut qu'il y ait un mouvement politique dont l'engagement soit, non pas
de défendre le pouvoir devant les citoyens, mais de défendre les
citoyens devant le pouvoir, de défendre la libre information
des citoyens, de défendre les libertés publiques dans notre pays,
d'être intraitable lorsqu'il s'agit des difficultés que rencontrent les
plus fragiles, parce que ce sont les plus fragiles qui souffrent et ce
sont les plus fragiles dont nous avons la charge les premiers.
Nous avons besoin d'avoir, à l'Assemblée Nationale, des défenseurs des citoyens. Je vous le dis du fond du coeur. (...)
Nous ne sommes pas des opposants systématiques.
Nous
sommes des hommes et des femmes libres qui avons l'intention de dire et
de surveiller ce qui va se passer dans notre pays dans les cinq années
qui viennent. (...)
D'une certaine manière, c'est cette difficulté que nous avons choisie, qui donne à notre démarche toute son authenticité. Je sais très bien que les Français attendent des gens capables de résister à toutes les pressions pour les défendre. Ils voient, aujourd'hui, que nous sommes capables de résisterà toutes les pressions. C'est ce qui leur donne la garantie que nous allons les défendre dans les cinq années qui viennent.(...)
Cela n'est pas
le moindre des enjeux que nous avons devant nous : un mouvement
politique qui saura, et, jusqu'à maintenant, cela n'a été fait par
personne, prendre la mesure des capacités de chacun de ses
adhérents et leur permettre d'exprimer cette capacité dans le cadre de la vie politique.
Un mouvement politique qui sera capable,
non pas seulement de défendre des idées ensemble, mais d'aller plus
loin et d'élaborer ses idées, d'être un vrai laboratoire de pensée pour
la société de
l'avenir et c'est à être ce laboratoire de pensée, chacun avec votre expérience, adhérents d'aujourd'hui et adhérents de demain.
L'intégralité du discours.