C'est un livre dense, mais il explique pourquoi il est si important d'augmenter la taille de son réseau (comme pour un fond de commerce) afin de lui donner une valeur. Le gratuit est une monnaie pour acheter un grand nombre d'adhérents, et il y a retour sur investissement ensuite. C'est un cheval de Troie en quelque sorte.
Pour en savoir plus
http://www.neteco.com/olivier-bomsel-1853-article-70407-olivier-bomsel-industriels-numerique-hesitent-pill.html
"Le vent se lève, il faut tenter de vivre" Paul Valéry
J'ai feuilleté ce livre comme je le fais souvent à la FNAC, et je l'ai acheté en 1993 je crois, parce que le style m'a tout de suite frappé. Cela tient un peu de la"montagne magique", mais c'est tellement moins touffu, plus lumineux. C'est une lecture qui ne peut laisser personne indifférent.
C'est un peu mon chef d'oeuvre secret, celui d'un jeune homme qui accompagne sa bien-aimée dans un sanatorium, C'est un écrivain qui a influencé Philippe Forest, par cette manière de décrire la disparition de l'être proche.
Hori Tatsuo a traduit beaucoup d'écrivains et poètes français, et comme pour Mishima, l'influence des européens est sensible dans son oeuvre, celle de Rilke notamment, qu'il cite :
Ne reviens pas. Si tu le supportes
sois morte parmi les morts. Les morts sotn au travail.
Mais aide-moi, et sans te disperser,
comme m'aide le plus grand lointain : en moi.
Ce livre intimiste écrit en 1936-1938 aurait mérité un autre destin, et surtout d'être beaucoup plus lu. c'est ce que j'essaie de faire en le faisant connaître pour le partager.
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Hier, vu the loop, un film très anglais sur le déclenchement de la guerre en Irak, le rôle des spin doctors, et la défaite des pacifistes lors des tractations. Le tout avec un humour corrosif et un peu absurde.
Nous étions seuls dans l'une des trois grandes salles flambant neuves du cinéma municipal. Pourtant la ville a plus de 100.000 habitants, mais il n'y a qu'une poignée de personnes pour souhaiter y voir un film comme "the loop".
Les seuls cinémas pleins sont les multiplexes, tel que celui que l'on devait avoir à Argenteuil, mais qui n'a pu se faire faute d'accord, ou alors le cinéma d'auteur dans les hypercentres. Il y a quelque chose d'un peu triste à fréquenter des salles obscures vides.
Une soirée "vieilles pies" (vip) en quelque sorte. A Argenteuil, il n'y a pas de vie nocturne, il n'y a pas de bar de nuit, pas beaucoup de restaurants. Mais il est vrai qu'une ville comme Saint-etienne non plus, n'est pas vivante le soir. Je ne m'en étonne que parce que j'ai longtemps habité Paris, et y ai pris quelques références. Nous ne sommes pas assez au sud non plus pour cela.
Là où je travaille on apprenait le grand départ de nos collègues par un petit mot collé sur l'ascenseur. Depuis, les contraintes administratives et les nécessités d'autorisation préalable ont fait que ce genre de faire-part a un peu disparu.
Pour des gens séparés dans l'espace immense de l'ile-de-france et au-delà, n'était-ce pas le seul genre de micro-cérémonie concevable, une sorte de pierre tombale modeste mais efficace, un rappel d'une vie en quelques lignes ?
De même le meilleur de nous ne demeurera-t-il pas ce que nous aurons laissé sur le net, peut-être plus fiable encore que les mémoires des amis croisés, parce que c'était le plus personnel de nous ?
On ne finit plus au cimetière, mais en cendres dont rapidement la mémoire du lieu d'épandage se perdra. Pourquoi la virtualité du net ne serait-elle pas notre meilleure survie, la plus solide, par delà le temps ? Un blog qui s'est tu à jamais, quelques textes, quelques images, n'est-ce pas plus durable que toutes les épitaphes de pierre dans nos villages? Dans un futur lointain, un passant lira nos pensées, sans savoir que nous ne sommes plus. Comme pour un écrivain, qui finit par n'être plus qu'un texte.
Je comprends qu'avec l'accumulation des années, on ressente moins le besoin de s'intéresser aux choses actuelles, aux petites musiques qui ressemblent à ce que l'on a entendu pendant des décennies, à un point tel que l'on voit mal ce qu'elles peuvent encore apporter de nouveau. Le stock des souvenirs, des personnes rencontrées, des livres lus, des films vus, des voyages devient si important dans notre tête qui perd ses neurones, que l'on est plutôt préoccupé de sauvegarder ce qui existe par des exercices de réminiscence introspective, ce qui est une manière d'échapper à la mort et à la fuite du temps, que l'on oublie de regarder le reste. Au bout du compte, on passe plus de temps à utiliser les autres pour s'aider à se souvenir, retrouver un peu du soi d'antan, que l'on n'écoute plus vraiment. Je m'étonnais autrefois d'aller chez des vieilles personnes qui ne citaient que des personnes mortes, qui vivaient dans un cimetière en fait, et qui n'avaient plus vraiment besoin de la présence des vivants. C'est cela sans doute la vie après la mort, vivre en mieux dans le souvenir des vivants, à condition, que pour ceux-ci, ce ne soit pas une forme de mort avant la vie.
Il est vrai que l'on peut puiser dans ses stocks, comme ne voyageant plus, je puise dans mes anciennes photos pour parler de voyages.
http://www.orbite.info/traductions/dmitry_orlov/combler_le_retard_d_effondrement.html
Très amusant pour qui a un peu de recul et l'ancienneté dans la vie nécessaire
Le discours sur le net est plus radical, parce qu'il donne la parole à une part instruite et dominée du champ intellectuel, une part qui n'aurait eu aucun moyen d'éditer ses textes voici dix ans. La nombre de diplômés a augmenté de manière exponentielle, sans que l'on ait eu l'impression qu'il avait plus de voix au chapitre, parce que le champ médiatique n'a pas augmenté à proportion du nombre de gens pouvant y prétendre. Avec le net c'est chose faite. On peut y trouver le pire sous forme de commentaires comme le notait Alain Duhamel, traumatisé par le niveau des commentaires sous les articles. Mais jusqu'ici, peu de gens avaient accès à une expression mondialisée, accessible, conservable durant des années. On y voit des avis surprenants, parfois très étayés et bien réfléchis, que l'on n'aurait pu voir quand les medias étaient plus filtrés. Ce qui inquiète des gens comme Alain Duhamel ou Assouline, c'est l'accès au magistère de gens non contrôlés, non estampillés, qui peuvent mettre à bas une parole officielle, coûteuse à entretenir. La propagande coûte cher, le net est un danger pour elle, on le voit avec l'Iran et la Chine, mais aussi avec notre pensée unique, nos articles de journaux où "l'immobilier va repartir et c'est le bon moment pour acheter".
Si des choses insignifiantes sont montées en épingle, comme la main d'Henry, si des commentaires odieux apparaissent, le net est aussi la voix de ceux dont les medias ne parlaient pas. A une exception : les internautes expriment des revendications politiques de classe moyenne, les "invisibles", les pauvres, y sont rares. Le net est un moyen pour les verbeux, pas pour les taiseux et les gens de peu.
La net a quelque chose de cette utopie décrite dans "Clones", cette possibilité de ne plus être embarrassé par son vrai corps dans ses relations avec les autres, mais d'avoir le physique de son avatar, et l'âge, le sexe, que l'on veut. Certes on ne peut aller aussi loin que "Clones" dans le monde virtuel, mais c'est déjà une esquisse. Arpès, cela explique que l'on ne puisse transformer les relations nouées sur le net en vraies relations, parce que ce n'y apparaissait pas, le corps, est quand même une part fondamentale de la relation.
Le net permet de conserver une part importante de nous, nous transforme en texte, en idées, et fait abstraction du reste. C'est une fenêtre sur le monde, une immense bibliothèque, une foule sans présence physique.
Le net, c'est un dialogue entre textes, de l'intertextualité, plutôt que de la communication au sens classique, qui implique le corps.